©2018 Halzae : Heroes of Divinity.

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Chapitre 3 - Prémices de la Domination


Chapitre III


Prémices de la Domination



Le tourbillon nuageux, né de la confluence magique qui opérait au sein du champ de bataille, donnait au ciel l’aspect chaotique d’une tempête. De nombreux humains se battaient contre d’innommables engeances nées de l’imagination fertile des divinités qui avaient décidé de ne pas céder au joug de leur oppresseur. Ces obscurs soldats sans visage, que l’on pensait faits d’ombres, si ce n’était de la puissance de la mort elle-même, paraient les tirs ennemis avec leurs lames et s’abattaient silencieusement sur les pauvres diables. Le puissant fracas des armes à feu retentit à travers la plaine dans un rythme irrégulier et les corps sans vie commencèrent à s’amasser dans le chaos le plus total. Le cliquetis d’une armure lourde perça la morbide berceuse des rafales et Hasselzor, plus majestueux que jamais, s’éleva sur la colline. L’affrontement ne cessa pas, cependant son aura démultipliée par la force spirituelle de l’Halzae se fit si pesante que la plupart des soldats et des créatures tombèrent au sol. Les Dieux, au loin, approchèrent à leur tour. Les camps, ainsi formés, scellèrent le territoire et délimitèrent une zone aux frontières irréelles. Hasselzor tenait fermement un étendard qu’il n’hésita pas à ancrer profondément dans la terre meuble pour asseoir sa domination sur la planète qui l’avait vue grandir. Le monticule de terre trembla et s’éleva, devenant une véritable falaise d’où l’individu surplombait désormais les divinités. Il les toisa, une par une, et écarta ses bras en direction des nuages tempétueux :


– Immortels ! Observez-donc toute l’étendue de votre paresse ! Vous qui viviez jusqu’alors dans l’oisiveté la plus permissive… Admirez avec crainte ce que l’Homme, enfin libéré des chaînes divines qui les ont toujours oppressées, est capable de produire ! Puissance, intellect, gloire, progrès, empathie… Ces traits, si spécifiques à qui nous aurions toujours dû être, nous appartiennent désormais intégralement, tandis que vous, fragments de rien, vous embourbez pitoyablement ! Cette tourbière nauséabonde que représentent les limbes… Je vous contraindrai à y errer pour l’éternité, et au-delà !


Le drapeau, gorgé de la puissance de l’Halzae, s’illumina avec intensité et dispersa de nombreuses particules à travers la voûte qui se mêlèrent aux nuages. Une pluie diluvienne et particulièrement brillante tomba sur la plaine dont la structure même fut altérée. Le champ de bataille se stérilisa progressivement tandis que l’énergie corrompue d’Hasselzor tuait les plantes et endormait les animaux. Les divinités, rassemblées au même point, comprirent avec appréhension ce que le général de l’humanité préparait. Thor s’impatienta et s’entoura de son énergie foudroyante. Il fit un pas en avant et lança son marteau droit vers Hasselzor qui se contenta simplement de pencher sa tête pour l’esquiver. Thor se téléporta à la vitesse de l’éclair derrière son marteau et agrippa son manche court. Il abattit, d’une ample pirouette, l’acier de Mjöllnir contre le casque de son adversaire. Une puissante onde de choc déferla à travers la zone cependant le militaire, lui, ne cilla pas d’un iota. Un bras fait d’Halzae sortit de son dos et attrapa Thor par le cou. Le Dieu, suffoquant, tenta de se dégager de l’emprise de l’homme et souffla :


– Qu’est-ce que… Qu’est-ce que c’est… ?


– Pitoyable dieu de la foudre, toi que l’on dit capable d’abattre des Géants, tu n’as pas même réussi à égratigner ma carapace. Ou peut-être aurais-tu eu l’audace de me sous-estimer ?


– Cette énergie… Ce n’est pas…


Un rictus masqué par son casque fendit le visage d’Hasselzor qui lui intima :


– Comment appelles-tu ta stupide et soi-disant fin du monde, déjà ? Ah oui… Ragnarök. Voici une belle histoire à raconter à tes enfants Modi et Magni : celle d’un Tout-Puissant déchu par la volonté de sa propre prophétie !


De nouveaux bras se matérialisèrent dans le dos du guerrier et se joignirent au premier crée, dessinant une véritable rosace. Ses originaux croisés, le maître d’armes projeta Thor en avant et le roua de coups de poings d’Halzae. Chaque impact fractura l’air un instant, menaçant la réalité même de se briser comme un miroir. Thor, impuissant et progressivement vidé de son énergie à chaque frappe, s’écrasa violemment au sol. Ixchel, maternelle, enveloppa la divinité de ses bras-serpents et celui présent au sommet de son crâne s’agita en direction d’Hasselzor qui soutint son regard ambré sans émettre le moindre son. La déesse, dont la voix sifflante résonnait en écho, hurla non sans émettre un désagréablement tintement :


Hasssselzor ! Je t’ai laissssé trop longtemps faire sssse que tu voulais ! Ton règne de terreur ssss’achève issssi ! Tu m’as déssssobéi et tu le paieras de ta missssérable vie !


– Je regrette Ixchel, rétorqua le général, de devoir te contredire mais il semblerait que tu ne mesures pas toute l’étendue du problème. Permettez-moi, Dieux et Déesses, d’élever le niveau d’un cran. Si vous pensiez affronter de simples humains et vous en sortir sereins, vous vous mépreniez ! Nous possédons… l’arsenal, que dis-je, l’atout capable de renverser le cours des choses ! Venez à moi, fidèles automates ! Eveillez-vous et incendiez l’Eden de vos flammes purificatrices, détruisez l’Olympe à la force de vos poings d’acier ! Que vos chaînes magiques scellent le Samsara et, qu’au-dessus de tous les plans de l’existence, tombe aux mains de nos alliés le Nirvana !


De nombreux portails s’ouvrirent et une armée d’androïdes lourdement armés, bien plus grands que ne pouvaient l’être les fantassins qui les commandaient, chargèrent leurs mitrailleuses et balayèrent le champ de bataille. Les cadavres et armures privées de leur force divine s’empilaient sous leurs assauts et les protections magiques offertes par Amaterasu ne suffirent pas à arrêter la pression exercée par les gatlings. Hasselzor, qui ne souhaitait pas rester derrière ses troupes, arracha son étendard et le fit tournoyer. Trois pointes en Halzae se matérialisèrent au sommet du manche et formèrent un trident que le général pointa en direction d’Anubis. Il se jeta de la falaise, arme en avant, et frappa le sol avec assez de force pour provoquer un cratère. Le dieu de la mort croisa son bâton avec l’étendard du maître d’armes et de nombreux coups furent échangés. Ixchel et Zeus, en proie à un terrible affrontement avec les robots, ne purent se résoudre à se retourner pour aider le dieu Egyptien. Le maître d’armes donna un coup de pied dans l’abdomen d’Anubis pour l’écarter et fit tournoyer son trident. L’énergie s’écoula à nouveau et les pointes devinrent deux solides lames qui firent de l’étendard une véritable hache à deux mains. L’impact de l’énergie corrompue sur le bois du bâton fragilisa ce dernier et Anubis grinça des dents. Il tendit son bras verticalement et des momies sortirent du sol dans l’espoir d’entraver les déplacements de l’homme qui découpa les bandelettes d’une simple rotation.


– Tu es faible ! Déclara le général à son adversaire.


– Et toi fou à lier ! Même les enfers ne voudraient pas de ta présence… HASSELZOR !


Anubis entra dans une colère noire et frappa l’homme avec son sceptre plusieurs fois. L’individu, pourtant bien protégé, se surprit à reculer et ancra fermement ses pieds au sol pour ne plus subir ce désagréable contrecoup. Il fit valser l’énergie de sa hache et solidifia la pointe pour créer une arme d’hast qu’il employa pour perforer le ventre de son adversaire. Anubis écarquilla ses yeux et cracha une gerbe de sang bleue, le sang divin. L’Halzae d’Hasselzor était ainsi capable de les blesser ? Il n’en savait rien. Il exprima un vif mouvement de recul et Quetzalcóatl, déterminé à en finir céans, se rua sur l’homme. Sa gueule ouverte, il fit tourbillonner des plumes tranchantes autour de son corps, devenant un véritable jet-stream dont la force de pression laboura le sol malgré les mètres qui séparaient l’entité de la terre. Le général transforma l’arme d’hast en un puissant maillet et écrasa le plat de l’acier magique sur le crâne du dieu-reptile qui en fut assommé sur le coup.


Les nombreux androïdes tirèrent de puissants rayons lasers qui explosèrent au contact de la plaine et embrasèrent l’herbe haute. Une fumée odorante s’en dégagea et se mêla désagréablement avec la pestilence des cadavres. Hasselzor, au centre de ce chaos, croisa à nouveau ses bras et fit s’envoler son étendard qui, mû d’une puissance psychique sans précédent, resta en stase à ses côtés. Ses yeux azurés virèrent progressivement au jaune, puis au rouge, tandis que l’Halzae qui le parcourait changeait lui aussi de couleur, offrant à son aura une myriade de spectres tant bouillonnants qu’effrayants. Thor, blessé de parts en parts et particulièrement fatigué, se tenait là, un genou au sol. Le général le toisa quelques instants et lui demanda d’un ton doucereux :


– Tu en veux encore, c’est ça… ?


– Ne te crois pas aussi bien protégé… Je peux te jurer, au nom de mes frères et sœurs, que nous te vaincrons.


– Pathétique petite étincelle de vide. Ta foudre ne peut pas même me chatouiller. Tu es, comme tous les autres, impuissant face à la suprématie Humaine. Je t’ai ridiculisé une fois, je peux très bien recommencer.


– Tu n’es pas le seul à avoir un atout, Hasselzor ! Cette fois, je vais jouer franc-jeu, tu peux me croire.


Le dieu fit apparaître dans une explosion de foudre une main glacée. Qui semblait avoir été arrachée à son propriétaire. Le général grinça des dents en voyant l’artefact et demanda d’une voix troublée :


– Cette main, ce n’est quand même pas… ? Tu n’oseras pas, Thor !


– Je ferai ce qu’il faut pour sauver mon monde, même si je dois pour cela en déclencher sa fin.


La Main de Týr tomba dans l’herbe brûlée et la terre trembla avec tant d’intensité que des fissures apparurent autour des deux adversaires. Une mâchoire béante, faite de roche, d’acier et de lave, dévora le membre et un gargantuesque loup sortit des entrailles des enfers. Il hurla en direction de la tempête et Thor se plaça sur son museau, les bras croisés et le regard dur. Fenrir, le déclencheur de l’apocalypse, venait d’être évoqué.


– Cela ne suffira pas ! Vociféra Hasselzor en se projetant en avant.


Fenrir, plus imposant qu’une montagne, rua en écrasant alliés et ennemis sur son passage sans faire la différence. L’Humain fit circuler l’Halzae dans son arme et transmuta son maillet en une longue claymore. Il fit front face au loup qui, d’un explosif coup de mâchoire, avala son adversaire. Un silence mortuaire, altéré par quelques coups de feu et d’épées, s’empara du champ de bataille. Thor, satisfait, tapota la tête de la bête, puis sentit une désagréable secousse opérer. La bouche de Fenrir fut ouverte de force par les nombreux bras éthériques d’Hasselzor et il trancha la gueule de l’animal d’un coup de claymore bien senti. Le loup se paralysa une seconde et tomba sur la plaine avec fracas, écrasant de malheureux fantassin de tout le poids de son corps. Thor se projeta droit sur l’homme mais ce dernier répliqua avec sa lame.


Le Dieu tomba à genoux au sol et lâcha son marteau, avant de sombrer dans l’inconscience. Hasselzor ferma ses yeux quelques instants et marcha droit devant lui, murmurant :


– Au suivant.



A suivre...