©2018 Halzae : Heroes of Divinity.

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CHAPITRE 1 - GENÈSE

Chapitre I

                      

Genèse

               

Les Dieux sont réels ; leurs légendes sont véridiques. L’existence des mythologies grecque, romaine, hindoue, aztèque, japonaise et toutes les autres est avérée. Les Dieux et les Déesses peuplent ce monde depuis la nuit des temps. Les mythologies ne mentent que sur une seule chose, l’origine. Les Dieux ne sont pas nés de rien.

            

Les premières divinités s’éveillèrent il y a des millénaires de cela, un temps dont personne ne se souvient. Zeus le Grec, Jupiter le Romain, Brahma l’Hindou, Izanagi le Japonais, Quetzalcóatl l’Aztèque, Isis l’Égyptienne et les autres Rois, Reines et Dieux des Dieux sont tous apparus de la même source de magie : l’Halzae.

                 

Il est dit que le seul foyer de cette magie plus puissante que toutes les autres est un arbre aussi ancien que le monde. De celui-ci coule ce liquide bleu turquoise, aux milles reflets en constant changement. Même dans la nuit la plus noire, l’Halzae et ses éclats sont toujours visibles, comme si elle produisait sa propre lumière.

                   

De là, toutes et tous naquirent, et leur règne immortel commença. Au cours des âges, les Dieux et Déesses primordiaux se sont servis de l’Halzae pour engendrer plusieurs générations de divinités, formant tous les êtres divins que l’on connaît aujourd’hui. Dès l’origine, chaque Dieu des Dieux construisit sa mythologie, s’entourant de ses frères, sœurs, filles et fils, bâtissant son Palais sur une parcelle du monde.

                     

Ainsi, Zeus s’établit dans une terre montagneuse aux centaines d’îles, la Grèce. Odin choisit la terre aux milles lacs, en Scandinavie. Isis et Osiris optèrent pour une terre au désert aussi chaud et invivable que le delta de son unique fleuve était paisible et fertile, l’Égypte. Izanagi et Izanami, insatisfaits du reste du monde, créèrent leur propre terre, l’archipel nippon. Quetzalcóatl, le Serpent à Plumes, essaya à quatre reprises de trouver le lieu idéal, mais il échoua à chaque fois, avant de s’installer à la jonction terrestre entre deux continents, au centre des Amériques.

                       

Ainsi, pour chaque groupe de divinité, la vie était agréable au sein de la faune et de la flore naturelle dont le calme n’était jamais troublé. Cependant, les plaisirs les plus simples devinrent rapidement assez limités. Ayant soif de boissons plus alléchantes que l’eau des rivières, ayant faim de nourritures plus appétissantes que les baies des arbustes, ayant envie de plaisirs plus sophistiqués que la relaxation permanente, ils cherchèrent à améliorer leurs vies éternelles.

                     

Ce fut Quetzalcóatl qui eut l’idée de façonner une forme de vie intelligente, qui pourrait cultiver la terre, domestiquer la vie sauvage, s’élever spirituellement, et servir et honorer les Dieux. Tous l’acclamèrent, et l’aidèrent dans son projet. Hadès, frère de Zeus, et Thor, vénéré par les éclairs depuis sa naissance, réunirent de nombreux animaux au bas d’un cratère avant de les frapper d’un grand cataclysme.

                           

Le brasier qui en résulta dura trente jours et trente nuits, et ne laissa qu’une vaste étendue d’ossements calcinés, témoins de la vie passé. Quetzalcóatl les arrosa de son sang, et les Humains naquirent. Les mythologies se les répartirent, et ainsi commença la grande Histoire de l’humanité.

                       

Très rapidement, les Dieux s’aperçurent que la source de leur immortalité, l’Halzae, avait un gigantesque pouvoir d’attraction sur leurs nouvelles créations. Celles-ci revenaient inlassablement autour de l’arbre de vie, pour tenter d’atteindre le foyer de la magie divine.

                      

Les Dieux ne pouvaient le tolérer. Seuls eux avaient le droit d’y accéder, et d’y boire. Aussi décidèrent-ils tous ensemble de la faire garder, jour et nuit, par certains d’entre eux, désormais appelés Gardiens de l’Halzae. Rien ni personne, pas même le plus insignifiant des insectes ne devait goûter au liquide qui avait donné la vie aux divinités. Pourtant, le foyer de l’arbre de vie exerçait toujours une influence sans pareille.

                              

Il est difficile de réaliser à quel point tout ce qui est vivant est attiré par la source. D’anciennes légendes racontent que celui qui plante son regard dans le liquide ne pourrait jamais l’en détourner. Le pouvoir d’attraction de l’Halzae serait à ce point fort que les Dieux ont fini par la cacher, au cœur du monde, au plus profond du noir, si loin que son aura de séduction disparut. Enfin, elle était hors de portée de quiconque ne serait pas l’un d’entre eux, ou l’une d’entre elles.

                    

Ainsi, les Humains se mirent à errer, dans l’étendue du monde. Ramenés bientôt sous la direction des Dieux, ils commencèrent à construire les premières civilisations. Toute la planète bouillonnait de cette activité de création, mais il manquait pourtant quelque chose de capital pour que les Humains réussissent.

                 

C’est alors que Prométhée leur donna le feu sacré de l’Olympe. Armés de celui-ci, ils purent se défendre contre le froid, et faire cuire la viande que leurs chasseurs ramenaient. Et tous reprirent le travail comme si rien ne l’avait arrêté. Durant des âges entiers, ils bâtirent de grands temples de bois pour honorer ceux qui les avaient fait naître.

                     

Après quelques siècles, les Dieux et Déesses se trouvèrent face à un ennemi qu’ils ne connaissaient pas encore, l’ennui. Parés de leur puissance incomparable, et de leur domination absolue sur le monde et tout ce qui y vivait, ils ne savaient plus quoi faire de leur temps, dont ils avaient pourtant une infinie réserve.

                          

Jupiter eut alors une idée qui allait changer l’ordre du monde. Plutôt que d’attendre que les Humains leur construisent de nouveaux temples rudimentaires, il proposa d’utiliser les masses de fidèles pour occuper leurs journées.

                     

Aussitôt, certains s’empressèrent de les éduquer, dans tous les domaines que les Dieux connaissaient. Ils leur enseignèrent à extraire la pierre et à la façonner. Vulcain, fils de Jupiter, les initia à une utilisation primaire de la forge, et leur donna les outils pour donner vie au marbre. Sarasvatî l’Hindou, fille de Brahma, fut la première à leur inculquer quelques rudiments d’art.

                      

Rapidement, les temples qui leur étaient dédiés furent bâtis en marbre, en granite, et se parèrent d’or, d’argent et de pierres précieuses. Leur intellect se développa vite à mesure que grandissait leur appétence pour la lecture, les arts en tout genre, et le débat philosophique. Enfin, les Humains avaient réussi à créer de nombreuses civilisations recouvrant la majeure partie de la planète.

                        

Cependant, tous les Dieux ne se contentèrent pas de cette éducation. Certains désiraient une distraction plus immédiate, plus dynamique, et plus violente. Dans chaque mythologie, il y eu au moins un Dieu ou une Déesse qui déclara son envie de cette occupation qu’ils voulaient supérieure aux autres.

                        

Toutes et tous se groupèrent derrière Athéna, fille de Zeus, et Mars, fils de Jupiter, pour réclamer la possibilité d’organiser des conflits entre les différentes peuplades Humaines. N’y voyant aucun problème pour la plupart, les Reines, Rois et Dieux des Dieux les autorisèrent. Les Dieux et Déesses de la Guerre convinrent de préparer des guerres de territoires condamnées à échouer, car les Dieux ne devaient pas être privés de leurs peuples Humains.

                            

A grand renfort d’insultes entre eux, ils attisèrent la haine de leurs voisins. A grand renfort de discours enflammés, ils instillèrent le nationalisme dans le cœur des Humains. A grand renfort de promesses et de mensonges en tout genre, ils firent miroiter la gloire éternelle au sein des Royaumes des Dieux pour ceux qui se distinguaient au combat.

                        

Avec la plus grande ardeur, les Humains se jetèrent dans l’abîme de la guerre, tuant leurs congénères pour des raisons futiles, sous la coupe des Dieux qui veillaient toujours à ne pas les laisser s’emporter dans la victoire. Ainsi, aux travers de deux millénaires, aucun peuple ne détruisit jamais l’un de ses ennemis.

                      

Grâce à l’enseignement des Dieux les plus bienfaisants, et à la pression de la destruction exercée par les Dieux et Déesses de la Guerres, chaque peuple développa de plus en plus sa technologie. Ils apprirent la navigation, et l’utilisèrent pour explorer le monde, et apporter la dévastation aux peuples rivaux.

                       

Ils apprirent à extraire le charbon, et à l’utiliser pour alimenter leur industrie, démultipliant leurs forges et leurs puissances militaires. Ils contrôlèrent la force de la vapeur, et la manipulèrent pour exploiter l’électricité, et pour accroître encore davantage la taille de leurs armées.

                        

L’émergence de la mécanique leur permit de réduire considérablement les temps de transport, ainsi que l’effort nécessaire à l’agriculture. Elle leur apporta aussi la possibilité d’apporter la guerre plus loin de chez eux. Et les Dieux en profitèrent pour leur demander de plus grands temples encore.

                  

Éloignés du monde et abrités dans leurs Palais, loin de l’agitation terrestre, les Dieux et les Déesses se prélassaient, profitant de chaque instant. Ils savaient que les Humains pouvaient leur apporter toutes les distractions dont ils avaient besoin, et toute l’adoration dont ils avaient l’habitude.

                   

Au fond d’eux, ils étaient sûrs d’une chose, la situation ne changerait jamais. Leur règne sur ce monde serait éternel.